J’ai enfin rattrapé 10 ans de Doctor Who !

Je crois que l’une des phrases que j’ai le plus entendu au cours des 5 dernières années est très certainement « Il faut que tu regardes Doctor Who ! ». Je dois vous avouer que, jusque là, j’étais complètement passé à côté de la série. En plus de ça, il est super compliqué de réussir à la vendre. L’univers, les thématiques abordées, les personnages… tout est tellement fouillé, vaste et improbable que convaincre quelqu’un de regarder Doctor Who en lui résumant la série relève du défi. Pourtant, malgré le fait qu’on compte aujourd’hui 8 saisons, je me suis lancé dans l’aventure. Que dire ? C’est absolument génial !

Doctor-Who-logo

Je vois déjà débarquer au galop une bande de fans pédants s’effarant parce que j’ai démarré Doctor Who avec la première saison de la seconde série. Je vous hais, vous, bande de psychopathes puristes criant au scandale à tout va. Et je ne parle pas seulement des fous furieux de Doctor Who. On retrouve le même phénomène avec presque tout : « Nan mais il aime les Tortues Ninja sans avoir lu les premiers comics de l’époque ? », « Quoi, t’as pas joué au tout premier Final Fantasy ? », « Ne me dis pas que t’as découvert l’univers de Batman avec la trilogie de Nolan quand même ! ». Qu’est-ce qu’on en a à foutre sérieusement ? C’est déjà un premier pas dans un univers qui permettra certainement à la personne de s’intéresser à ce qui a pu se faire avant.

Doctor Who comptabilise aujourd’hui plus de 800 épisodes si l’on cumule les deux séries. Sachant que, parmi les premières saisons, pas mal d’épisodes ont disparu et ont été détruits, j’avais du mal à me convaincre de me manger plus de 50 ans de cette série. Après avoir écouté quelques fans, lu pas mal d’infos sur le net, il me semblait tout à fait logique et justifié de plonger dans le bain avec la nouvelle série de 2005. Voilà, maintenant que le contexte est en place, je peux enfin parler de la série en elle-même.

Doctor Who Tardis

Doctor Who est très certainement la série la plus difficile à résumer sans passer pour un con. Je vais tenter d’introduire un peu le contexte, sans trop en dévoiler et tout en essayant de vous donner envie de la regarder. Cette série britannique nous conte les aventures du Docteur, un seigneur du temps (une race extra-terrestre à forme humaine), qui voyage à travers l’espace et le temps à bord d’un vaisseau spatial et spécial puisqu’il a la forme d’une cabine téléphonique de police bleue : le TARDIS (Time And Relative Dimension In Space ou Temps A Relativité Dimensionnelle Inter-Spatiale en VF). Très souvent accompagné d’un (plutôt d’une) acolyte, il explore les quatre coins de l’univers, tous plus incroyables et dangereux les uns que les autres. Mais la grande particularité du Docteur, et ce qui permet avant tout d’éviter que le récit s’essouffle, est sa capacité à se régénérer tout en changeant d’apparence et de personnalité mais en conservant ses souvenirs lorsqu’il est mortellement blessé.

Et oui, c’est un élément assez difficilement compréhensible quand on ne connaît pas la série. On entend fréquemment parler de neuvième, dixième, onzième docteur mais on nous dit dans le même temps que c’est le même personnage. Pour éviter une certaine lassitude et pour renouveler assez souvent le casting de la série, les réalisateurs ont eu l’excellente idée de proposer cette solution. Ainsi, quand le Docteur est sur le point de mourir, il change de visage, de personnalité mais reste le même personnage. On a donc un nouvel acteur dans le rôle du Docteur et c’est reparti pour 1, 2 ou 3 saisons en sa compagnie. Je trouve l’idée assez formidable, sur certaines séries à rallonge je commence des fois à en avoir ras le cul de voir certaines tronches. Ici, l’écriture est assez intelligente pour changer le casting à un stade où on adore chaque Docteur, on en garde donc toujours un excellent souvenir et on découvre dans le même temps un nouvel acteur. C’est du génie !

Doctor Who Docteurs 9 10 11

Ce qui est véritablement malin avec cette seconde série de Doctor Who c’est qu’elle garde en mémoire la première. On peut tout à fait commencer avec la 1ère saison de la 2nde série, et donc avec le neuvième Docteur, sans avoir vu la précédente. Cette nouvelle série s’adresse donc autant aux fans historiques, en n’oubliant pas son histoire, qu’aux newbies comme moi qui débutent tout juste dans ce nouveau monde. On a souvent des références aux anciens docteurs et le scénario justifie ce renouvellement.

Dès le premier épisode nous découvrons un univers hors norme et complètement WTF. Ça contribue grandement au charme de la série. Tout est d’une créativité assez exceptionnelle. Qu’il s’agisse des planètes, des populations qui les habitent, du scénario des épisodes, etc. tout est dingue ! Visuellement, il faut reconnaître que Doctor Who n’est pas forcément dans l’air du temps. La série joue avec son aspect ultra kitch et décalé et je peux comprendre que ça surprenne au début. J’ai déjà discuté de la série avec quelques personnes qui ont arrêtées dès l’épisode 1 parce que cet aspect les dérangeait. Je pense sincèrement qu’il faut se faire une opinion avec 3 ou 4 épisodes car la série est d’une richesse assez bluffante.

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8 saisons et 4 (ou 5) Docteurs pour le moment. Christopher Eccleston a eu l’honneur de débuter cette nouvelle série avec beaucoup de talent selon moi. Il est assez peu mis en avant parmi les incarnations du Docteur et j’ai pourtant beaucoup aimé le rôle qu’il a joué au cours de cette première saison. Il est vrai qu’il n’est resté que 13 épisodes à l’écran et qu’il est moins charismatique que les acteurs qui lui succéderont mais il a un certain charme. En plus d’une gueule assez fun, il a été à la hauteur de son rôle et a su rendre plus qu’honorablement vie à ce personnage.

Au cours de cette première saison, Rose Tyler était le premier personnage aux côtés du Docteur. Il s’agit très certainement d’un des compagnons les plus marquants au cours de ces 8 saisons, mais j’aurai l’occasion de revenir là dessus. Les personnages qui accompagneront le Docteur durant ses péripéties sont des éléments clés de l’histoire. Ils nous permettent de nous identifier, ils apportent le regard humain face à la découverte de l’immensité de l’univers et donnent une raison au Docteur d’avancer.

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Je vous parle depuis tout à l’heure de découverte de l’univers, de planètes et de races extraterrestres mais il faut comprendre que les voyages dans cette série ne se résument pas à la seule notion d’espace. Comme je vous l’expliquais au début de l’article, le TARDIS permet au Docteur de voyager à travers l’espace ET le temps, qu’il s’agisse de celui d’une planète à des années lumière de chez nous ou tout simplement de la Terre. Et c’est là que Doctor Who joue un autre rôle véritablement passionnant, c’est éducatif ! En voyageant à travers le temps, le Docteur est ses compagnons se retrouvent parfois à revivre des moments et à rencontrer des personnes qui ont marqués l’histoire de notre planète et plus particulièrement l’histoire de la Grande-Bretagne. Cela fait vraiment de Doctor Who une série familiale, et je n’entends pas par là une série pour les enfants, mais une série qui peut plaire à tous les membres d’une famille. On y retrouve de l’aventure, de l’histoire, des réflexions sur de nombreuses thématiques, etc. Quand je parlais d’univers riche, j’étais super sérieux !

La première saison de Doctor Who aborde à merveille tout cela. On débute avec un premier épisode qui sert à contextualiser et à présenter les différents personnages puis, dès les épisodes suivants, on enchaîne avec un voyage spatio-temporel vers la fin de la planète Terre et une rencontre avec Charles Dickens en 1869. Voilà une des grandes forces de la série, chaque épisode nous plonge dans un monde, un contexte ou une époque qui diffère, c’est absolument grandiose.

Doctor Who S2

Assez rapidement, j’ai été bluffé par la qualité d’écriture qui caractérise la série. Chaque épisode a beau conter une aventure du Docteur à un endroit ou à un moment de l’histoire précis, il faut tout de même regarder les épisodes de la série dans l’ordre. J’ai tendance à détester les série de type les Experts où tu peux regarder n’importe quel épisode dans n’importe quel ordre sans que cela n’affecte en rien ta compréhension des événements. Dans Doctor Who tout est bien pensé, écrit et réalisé pour qu’un élément qui aurait été inexpliqué dans l’épisode 1 serve à résoudre un problème dans l’épisode 12 par exemple. Tout est d’une intelligence assez incroyable. En plus de cela, la série joue avec les mystères de notre histoire. Dès qu’un élément du passé ou qu’une légende de notre planète est inexplicable, Doctor Who y répond par la présence du Docteur. Pourquoi tel manuscrit de tel célèbre écrivain a disparu ? Parce que le Docteur. La série joue de cela avec brio et avec beaucoup d’imagination.

La deuxième saison, et l’arrivée de l’excellent David Tennant dans le rôle du Docteur marque un premier tournant dans la série. Dans le même temps, nous apprenons que le Docteur ne porte pas ce nom sans raison. Il sauve des vies, et notamment celle de Terriens dès qu’il le peut. Et là aussi, la série s’amuse beaucoup du fait qu’elle est britannique. Habituellement, quand on voit des films ou des feuilletons mettant en scène des invasions extra-terrestres, des destructions de la Terre, etc. tout se déroule aux Etats-Unis, et très souvent à New York. Et bien, ici, les aliens décident d’envahir la Terre en s’attaquant à la Grande Bretagne, en infiltrant les hautes sphères politiques à Londres, etc. Ça casse avec la vision de la science-fiction à laquelle nous sommes habituellement confrontés.

Doctor Who Saison 3

Petit à petit, la série gagne fortement en profondeur. L’image du Docteur évolue clairement et son passé le rattrape. Cela marque fréquemment des tournants dans l’histoire et permet de développer des sujets passionnants. Outre le fait que le voyage temporel est traité avec une virtuosité notable, l’amitié, la mort, le sacrifice, l’évolution, les croyances, l’amour, la science… sont autant de thématiques qui ont pu me marquer au cours de ces visionnages. Et ce qui est assez dingue, c’est que j’ai eu l’impression de me dire à chaque saison : MAIS C’EST DE MIEUX EN MIEUX ECRIT ! Je pense franchement avoir sérieusement commencé à me dire ça à partir de la saison 3.

Après avoir failli verser quelques larmes au moment de la séparation entre le Docteur et Rose Tyler (je ne dirai rien sur le comment du pourquoi), l’arrivée d’une nouvelle compagne a apporté une fois de plus une bouffée d’oxygène à la série. Même si à ce moment ma tristesse de perdre Rose était immense, j’ai appris au cours des saisons à apprécier chaque ami du Docteur. Là aussi, le fait que celle-ci change a un véritable intérêt. Nous nous identifions à ce personnage, comme je le précisais, et le fait que celui-ci diffère d’une saison à l’autre permet de plus ou moins s’y identifier. Certains se sentiront plus proche de Rose, d’autres de Martha ou de Donna par exemple. Chaque compagnon du Docteur représente une facette de l’humanité, comme chaque incarnation du Docteur révèle un aspect du Docteur.

Doctor Who Donna

L’ère Tennant marque pour moi l’arrivée des premières espèces extra-terrestres les plus marquantes. Les célèbres Daleks (les fameuses poivrières avec un fouet et un déboucheur de chiottes en guise de bras) avaient déjà fait leur apparition, mais des créatures tels que les Anges pleureurs m’ont clairement plus marqués à partir de la troisième saison. Allez, voilà une raison de plus de regarder Doctor Who. Imaginez que les statues soient capables de se déplacer seulement quand vous ne les regardez pas. En gros, lorsque vous clignez des yeux, les statues se déplacent. Quand il n’y a pas de lumière, elles se déplacent aussi. Mais quand on les voit, elles ne bougent plus, ce sont des statues. Le concept est juste excellentissime. Et vous verrez, je vous parlerai un peu plus tard du Silence.

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En bref, les saisons durant lesquelles David Tennant incarnait le Docteur sont superbes. J’ai clairement moins accroché avec Donna, la 3ème compagne du Docteur mais il faut reconnaître que ces saisons étaient assez exceptionnelles. Allez, je vous fais une confession. Je sais que beaucoup vont me dire que je suis complètement fou, mais Matt Smith, l’incarnation du onzième Docteur, est selon moi le meilleur de tous. Son jeu est complètement dingue, il représente tout ce que j’aime chez le Docteur, il est parfait ! Contrairement à Tennant qui m’a presque lassé sur ses derniers épisodes, le Docteur incarné par Matt Smith est d’une constance sans égal, si ce n’est meilleur au fil des épisodes.

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Le onzième Docteur correspond tout à fait à l’image que je me faisais du Docteur au firmament. Il semble plus dingue, plus torturé, plus sur et plus hésitant à la fois… en fait c’est le Docteur le plus humain je trouve. C’est assez étrange dit comme ça puisque tout nous montre que le Docteur n’est absolument pas humain et pourtant l’aspect le plus important et le plus intéressant de sa personnalité est nettement sa part d’humanité.

Le onzième aura, en plus, eu le droit à des compagnons assez exceptionnels : l’incroyable duo Amy et Rory puis la fabuleuse Clara Oswald. Il s’agit très certainement des voyageurs que j’ai préféré au cours des 8 saisons de Doctor Who. En plus de ça, il bénéficiait d’une grosse amélioration en termes d’écriture des épisodes. L’histoire de Doctor Who prend véritablement tout son sens durant la prériode Matt Smith. Pas un moment où la hype retombe et c’est sans compter sur une partie de ses derniers épisodes : « L’heure du Docteur » et « Le jour du Docteur » qui sont tout bonnement exceptionnels.

On a le droit à de moins en moins d’épisodes qui peuvent se regarder un peu dans n’importe quel sens. Le récit gagne en profondeur, en intérêt et en retournements de situation. C’est beaucoup plus jouissif que des épisodes qui peuvent presque se regarder aléatoirement à la manière de la série « Les Experts » ou tout ce qu’on nous sert sur TF1 en gros. Le but d’une série, selon moi, est de développer un fil au long d’une ou plusieurs saisons (ex : True Detective, Game of Thrones ou Battlestar Galactica).

Goodbye Matt Smith

Je crois que je regretterai toujours (sauf surprise) la période Matt Smith. Il était parfait, c’est pas plus compliqué que ça. Et depuis maintenant une saison, mon Docteur favori est remplacé par Peter Capaldi, le Douzième Docteur, celui à la tête de vieux. Avant de le découvrir vraiment dans le premier épisode de la saison 8, j’avais un peu peur. Et finalement c’est assez chouette de changer les choses avec un personnage qui parait plus âgé. Ca apporte de la fraîcheur mais pas de la fraîcheur genre bouffée d’oxygène. C’est juste top d’avoir un Docteur plus mature, qui semble plus posé mais qui garde la folie qui caractérise notre héros millénaire.

Avec l’arrivée de Peter Capaldi, on a également eu le droit à un changement des épisodes en eux-même. On a l’impression qu’ils sont à la fois un peu plus sages, plus sombres et plus mystérieux… à la manière du Docteur incarné par le nouvel acteur de la série. Je n’ai pu le voir à l’œuvre que durant une saison et j’attends encore de voir ce que nous réserve la suite. Mais voilà, il faut bien l’avouer, Peter Capaldi est super cool aussi (et sa compagne également, huhu !).

Peter Capaldi Doctor Who

Que dire de plus ? Je crois que cet article avait vocation à vous déclarer mon amour pour la série Doctor Who qui est très certainement une des meilleures découvertes de ces dernières années. Mais ce qui est amusant c’est que je n’arrive pas à la mettre dans le panier des séries « classiques » à la manière d’un Game of Thrones ou d’un Real Humans que j’attends tous les ans. Doctor Who est un OVNI, un bel OVNI que je vous recommande vivement de regarder. Il m’aura fallu quelques semaines, mais c’est chose faite. J’ai rattrapé les 10 dernières années de Doctor Who. Je n’en suis pas peu fier. Mais voilà, Doctor Who est génial !

8 commentaires sur “J’ai enfin rattrapé 10 ans de Doctor Who !

  1. Personnellement je suis une grande fan de la série et j’avait commencé en tombant dessus par hasard sur france 4, c’était l’épisode des anges pleureurs ce qui aura valu de me traumatiser à vie 😉 Du coup Ten est mon premier docteur et est donc mon préféré même si niveau caractère je suis plus proche de matt smith ^^
    Niveau compagnon, j’ai hais martha et donna parce qu’elles ont « remplacées » Rose et que je n’ai pas pu supporter de la perdre…
    Par contre mes compagnons favoris resteront Amy Et Rory, il y a eu tellement d’histoire avec eux (River Song etc…), et leur relation et juste parfaite, je les envies tellement !
    Sinon t’as oublié de parler du Silence (c’était voulu ^^) ? De quoi je parlais déjà ? …

    1. Disons que plus j’avance vers les saisons récentes, moins j’essayais d’en dire pour ne pas non plus trop spoiler ceux qui n’auraient pas vu la série. Mais effectivement, le Silence c’est juste le concept de fou furieux ! 😀

  2. J’ai moi même rattrapé la série il y a quelques années et c’est vrai qu’elle est vraiment chanmé. L’un des passages qui m’a énormément marqué c’est le passage avec « Rings of Akhaten » et 11th https://www.youtube.com/watch?v=GoVLhUxhdSw

    C’est vraiment une série qui mérite le coup d’oeil même si c’est vrai qu’au début je n’étais pas plus emballé que ça l’esthétique de la série me dérangeait fortement (cette espèce de brume typique des séries anglaises ^^) mais j’ai bien fait de m’accrocher !

    Sinon l’ami petite info quand tu as parlé des anges pleureurs tu as écris « statuts » ^^

    La bise !

  3. cette saison, il semble être transformer en une «Leçon de la semaine » genre de chose. (« Le plus vous en savez » – arc étoiles épanouir !!) Peter Capaldi fait un excellent médecin, mais les histoires de lui peindre comme plus d’un caractère de fond ces derniers temps et beaucoup moins intéressant que Clara. (Je ne l’ai continué à regarder le spectacle cette saison en raison du caractère et de l’histoire de Clara.) Le docteur est pas aussi amusant et mystérieux comme il l’habitude d’être. Des histoires les plus intéressantes Docteur-centrées, s’il vous plaît!

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