Terrace House : Netflix m’a fait aimer une télé-réalité japonaise !

Il n’y a pas si longtemps que ça, je me suis rendu compte que ça faisait 8 ans que je ne regardais plus vraiment la télévision. Il faut bien avouer que je ne m’y retrouve absolument plus : des programmes à heures fixes, beaucoup de publicités et une quantité astronomique d’émissions qui me donnent envie de creuser un trou pour y enfouir ma tête. Des JT en quête de buzz, des animateurs que je voyais depuis 15 ans et surtout des télé-réalités de plus en plus nombreuses. On me propose de voir des crétins raconter des débilités autour d’une piscine à longueur de journée… non merci, ce n’est pas pour moi. J’ai internet. Tu vois ce truc magique où tu peux regarder ce que tu veux et quand tu veux. Le combo Youtube + Netflix + quelques replay me sert finalement de « télévision » au quotidien. Et puis je suis tombé sur un article de Gronemo (merci Harebourg) dédié à une télé-réalité japonaise diffusée sur Netflix : Terrace House : Boys & Girls in the City. Le pire, c’est qu’il m’a vendu son machin, le salaud ! Et c’est un gros coup de cœur !

J’ai découvert la télé-réalité un peu comme tous les jeunes des années 90, et les plus anciennes générations, avec Loft Story. J’étais un peu passé à côté du bousin. J’étais certainement trop jeune pour capter le délire et mes parents n’étaient pas vraiment portés sur ce genre de programmes si je me souviens bien. Aujourd’hui, le peu d’images que j’ai en tête quand je repense à Loft Story n’a rien de flatteur pour les candidats de l’époque. Pour preuve, mon premier réflexe pour illustrer mon propos a été de taper « loft story loana piscine ».

loftstory
Les mayas avaient annoncé que la fin du monde serait initiée par cette scène de cul aquatique.

S’en est suivi un bon paquet de daubes : La Ferme Célébrités, Secret Story, Carré Viiip, Nice People, L’île de la tentation, Greg le millionnaire, les Anges de la télé-réalité ou les Ch’tis sont quelques exemples qui me viennent en tête. Leur point commun ? Des idiots qui vivent ensemble 24/24 et 7/7 dans une maison ou dans un espace clos, tous aussi vulgaires et ridicules que les animateurs des télé-réalités en questions. L’objectif ? Vous satisfaire de deux manières : vous filer votre dose de voyeurisme quotidien et vous faire sentir intelligent à côté des débilos’ se pavanant le fion à l’air qui vous présentent l’émission. Bref, les spectateurs mangent de la crotte mais en redemandent toujours plus.

le ferme célébrité
Christophe Dechavanne et son humour douteux avec Patrice Carmouze et sa dignité perdue.

Voilà, j’ai fait ma déclaration d’amour aux télé-réalités, du moins à un type de télé-réalités. Koh-Lanta, Pékin Express, etc. c’est un autre délire et ça n’a rien à voir avec le sujet du jour. Même si je n’en peux plus non plus.

Terrace House : Boys and Girls in the City est une télé-réalité japonaise qui reprend le principe des show dont je vous ai parlé en y apportant quelques modifications. Pour faire simple : 3 filles et 3 garçons vivent désormais ensemble dans une somptueuse maison. La différence avec nos programmes ? Ils ont beaucoup plus de liberté, ils continuent à vivre leur vie habituelle mais rentrent tous les soirs à Terrace House. En fait, c’est une sorte de télé-réalité sur une collocation dans une maison de luxe à Tokyo. Et, en plus de ça, ils ont le droit de quitter l’émission à tout moment si ils considèrent qu’ils n’ont plus rien à faire là-bas. Il n’y a pas d’argent en jeu et donc une raison de moins de rendre les candidats complètement fous. On n’a pas l’impression qu’ils sont là pour faire la une de la presse people, ils semblent juste tous souhaiter évoluer et Terrace House semble être un moyen d’atteindre cet objectif.

Ce qui est assez surprenant avec Terrace House, c’est que je regarde ça comme je regarderais une série. J’ai dévoré les 18 épisodes disponibles sur Netflix en seulement quelques jours. Chaque épisode retrace une semaine de vie à Terrace House en 30 minutes et c’est une très bonne chose. Cette formule force la prod’ à aller à l’essentiel et on ne garde que les meilleurs moments de la semaines, ceux où l’on voit les « candidats » évoluer personnellement ou dans leurs relations avec les autres.

Terrace House candidats
La dream team du début de la saison 1  ♥ De ↖ à ↘ : le sportif, la petite mignonne, le déterminé, la belle mystérieuse, la bonne pote et le BG.

Je me suis surprise à m’attacher très rapidement aux différents candidats. Je pense que c’est certainement du au fait qu’on nous les présente dans leur vie quotidienne, simplement. Ils vont au travail pendant la journée, rentrent à la maison, sortent de temps en temps, boivent des coups ensemble, etc. Ils apprennent à ce connaître et on les découvre dans le même temps. Bien évidemment, on se doute bien qu’en mettant 6 jeunes célibataires, tous plutôt mignons, dans une maison… des relations vont se créer. Mais là est la plus grosse différence avec nos télé-réalités : ce n’est pas vulgaire. Ils s’invitent à des rendez-vous le week-end après le boulot, vont faire du sport ensemble, discutent calmement autour d’une table, etc. Bref, les relations se mettent en place plus sainement que ce qu’on a l’habitude de voir. Comprendre par là : ça ne se roule pas des grosse pelles en maillot de bain sur le bord de la piscine.

Pour bien vous montrer le décalage entre Terrace House et nos télé-réalités, je vais vous donner un exemple. En gros, si je me souviens bien, la chose la moins « acceptable » qui se soit passée en 18 épisodes est qu’un gars a envoyé un mensonge par SMS par jalousie. Vous voyez le gouffre qui sépare ces deux mondes ou pas ?

Terrace House birthday
Et on fait des selfies…

Et, finalement, c’est même plus efficace qu’une série. On sait que les candidats existent, ce n’est pas une fiction et ils nous sont présentés comme des individus lambdas. On s’identifie forcément plus, on s’inquiète ou on se réjouit forcément pour eux, c’est génial ! Les différences culturelles sont aussi très intéressantes à observer. La manière dont les japonais, même jeunes, abordent les relations amoureuses est tellement différente de chez nous que regarder Terrace House a quasiment quelque chose de sociologique. On assiste donc à des scènes parfois ultra frustrantes pour nous (occidentaux) ou d’autres fois particulièrement romantiques pour une télé-réalité. On se prend véritablement au jeu.

J’ai pris un plaisir fou à voir les relations entre les candidats évoluer, à constater que certains changeaient véritablement au contact des autres et que des amitiés et relations amoureuses se créaient. J’ai souri, ri, pleuré, stressé pour eux… et c’est plutôt bon signe. En fait, c’est ce que je disais, c’est une série mais ce ne sont pas des acteurs. Voilà pourquoi ça marche très bien !

Terrace House studio
Le mec à droite est un démon, je l’adore.

Des animateurs en studio (photo ci-dessus) introduisent chaque épisode et commentent par moment. Ils semblent découvrir les épisodes en même temps que nous et les commentent comme on le ferait entre potes. Même si le gamin de 14 ans un peu trop parfait à tendance à me gaver, les autres sont globalement très drôles avec une mention spéciale pour celui que j’appelle le démon, tout à droite (il est hilarant). Ils nous permettent même de parfois un petit peu mieux comprendre pourquoi tel ou tel candidat agit ainsi ou est perçu comme cela. Ce programme est initialement non-calibré pour des occidentaux et le simple fait de voir les animateurs commenter de temps en temps l’avancée de l’aventure nous permet de mieux cerner la pensée japonaise.

Je tiens également à souligner que le show est très bien filmé. Il y a un travail sur l’esthétique qui n’a jamais été vu chez nous et je pense que Netflix n’y est pas pour rien. Après, je reconnais ne pas avoir vu les saisons diffusées avant que Netflix ne récupère les droits sur cette émission mais j’ose penser qu’ils n’y sont pas pour rien.

Je crois que je pourrais parler de Terrace House pendant des heures, j’ai certainement oublié énormément de choses mais bon… je ne peux que vous recommander très vivement de regarder cette télé-réalité sur Netflix. Elle compte aujourd’hui 18 épisodes, plus du double au Japon, et j’attends avec impatience la suite. J’ai été surpris d’épisode en épisode et, sans vous spoiler, la saison 1 vous promet de très nombreux rebondissement de retournement de situations. Bref, je suis comme un fou, on dirait une vieille devant les feu de l’amour.

Je vous partage le générique du show qui est vachement cool. On est loin des Ch’tis. Et voici le lien pour regarder Terrace House sur Netflix.

1 commentaire sur “Terrace House : Netflix m’a fait aimer une télé-réalité japonaise !

  1. Aaaah je suis contente de lire cet article ! Je pense exactement la même chose, la comparaison entre les téléralités françaises vulgaires qui ne se concentrent pas du tout sur les relations profondes des participants et Terrace House est folle. J’ai adoré voir comment ils règlent leurs différents à table, tout le monde autour, calmement. Et l’évolution des relations est tellement différente qu’en Europe, c’est passionant.

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