Le coup de foudre Peaky Blinders

Peaky Blinders, dont le tournage de la saison 4 démarre ce mois de mars 2017, est une série qui vous fera voyager. Voyager à Birmingham, au Royaume-Uni, au début des années 1920, dans l’univers du crime pré-organisé. Les industries, l’alcool qui coule à flot dans les pubs et les hommes du peuple qui veulent côtoyer l’aristocratie post-victorienne sont les pièces majeures du décor. 3 saisons sont déjà disponibles, la quatrième en préparation devrait sortir sur BBC 2, le diffuseur original, cet automne. Embarquement pour un voyage que je veux refaire. Les personnages, l’ambiance, l’esthétique, et la qualité de reconstitution historique, produisent ensemble un univers intense et réaliste.

Source : Flickr

La série suit l’ascension de Thomas Shelby et de ses deux frères Arthur et John, qui forment un gang, le plus respecté de Birmingham, les Peaky Blinders. Ce nom, tiré d’un groupe criminel ayant réellement existé dans la région, fut donné car les membres cachaient sous leur visière (peak) des lames de rasoir, aveuglant (blind) leurs adversaires. Le leader naturel, Thomas, personnage ambitieux mais incroyablement obscur, veut développer ses affaires de petit malfrat jusqu’à Londres et même l’Amérique. Il doit donc affronter des gangs de plus en plus gros pour y parvenir.

L’un des atouts majeurs de la série est la complexité des personnages. Thomas affronte différents adversaires dans sa course vers le sommet. Pour arriver à ses fins, nous nous délectons de le voir se jouer de ses ennemis grâce à son sens de la stratégie et de la lecture des gens, comme un véritable joueur de poker. Presque plus fort que Bertrand Grospellier, alias ElkY, notre super champion tricolore. Son frère Arthur semble être l’inverse, une grosse brute pratiquant la boxe sans gant (sport très prisé en ce temps-là), mais cache de nombreuses fêlures et se révèle sensible. L’inspecteur les poursuivant, Chester Campbell, interprété par Sam Neill, représente à lui tout seul les paradoxes de la société victorienne, à la fois à cheval sur les valeurs et ne reculant devant rien pour arriver à ses fins. Le tout sous l’œil de Winston Churchill, donnant des coups de pouce aux uns ou autres selon les circonstances. Les acteurs irradient aussi par leur charisme, de Cillian Murphy jouant Thomas Shelby à Tom Hardy, campant le personnage culte d’Alfie, chef de la mafia juive de Londres. Ce dernier s’illustre d’ailleurs comme personnage principal de Taboo, la nouvelle série de Steven Knight, créateur de Peaky Blinders.

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Ce qui saute aux yeux, ce sont également les recherches et la compréhension de l’époque. Du mode de vie des ouvriers anglais de ce temps, jusqu’au rôle grandissant des femmes depuis la première guerre mondiale, en passant par l’apparition du communisme et la consommation d’alcool effrénée de l’époque (« seulement de la bière jusqu’à l’accomplissement de ce que vous avez à faire, après vous boirez autant de whisky autant que vous voudrez »), le voyage proposé est d’autant plus intense qu’il est crédible.

Pour conclure, comment ne pas mentionner la bande originale très…. originale justement (de Nick Cave à PJ Harvey, elle participe sans conteste à notre évasion) et le sens de l’esthétique de cette série. Esthétique qui est la marque de fabrique de nombreuses séries anglaises. De Chapeau melon et bottes de cuir à Downtown Abbey, les exemples de manquent pas.

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